« En carrosserie, les bonnes méthodes génèrent confort et performance » — Interview de Jean-François Lafaye (PROMEG)
Chez Carrosseriejob.fr, nous avons interrogé Jean-François Lafaye, fondateur et dirigeant du cabinet d'audit spécialisé PROMEG, pour comprendre comment une carrosserie indépendante peut garder, challenger et faire progresser ses équipes.
Chez Carrosseriejob.fr, nous entendons régulièrement les chefs d’entreprises dire : les métiers de carrossiers et peintres automobile n’attirent plus les jeunes, il est difficile de recruter, il y a un problème de savoir-être chez certains salariés… Si tout ceci est sans doute vrai, il existe pourtant des carrosseries où les effectifs sont au complet et où les compagnons restent fidèles à l’entreprise.
Les sollicitations extérieures de recruteurs étant nombreuses et les possibilités d’évolutions parfois perçues comme limitées dans les petites structures, nous nous sommes demandé comment une carrosserie indépendante pouvait garder, challenger et faire progresser ses équipes. Pour répondre à nos questions, nous avons interrogé Jean-François Lafaye, fondateur et dirigeant du cabinet d’audit spécialisé PROMEG (Fournisseur de solutions expert en Carrosserie).
Pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel et votre société ?
Jean-François Lafaye : Je suis carrossier de formation. J’ai occupé par le passé des postes de responsable commercial pour du matériel de carrosserie chez CAR-O-Liner, Wienmann ou Symach (les robots de séchage). J’ai également travaillé pour SOBECAR où j’ai appris la gestion des heures avec AUTOPLAN et les outils d’organisation atelier. Je suis aussi passé par Porzelack, spécialisé dans la compression des coûts de lavage après réparation.
Après avoir passé de nombreuses années dans les ateliers, à écouter les problèmes de mes clients professionnels (gestion de leurs charges, organisation, rentabilité, choix des fournisseurs, gestion du personnel, etc.), je me suis décidé à créer ma société PROMEG pour proposer aux carrossiers de les aider dans la compression des coûts et la maîtrise de leurs marges.
Que pensez-vous des difficultés de recrutement actuellement dans le domaine de la carrosserie ?
JFL : Nous avons négligé la formation des jeunes depuis 20 ans. La filière a perdu en attractivité, les centres de formation sont parfois sous-fréquentés. Il ne peut pas y avoir de miracles : la conséquence directe est une pénurie importante de main-d’œuvre qualifiée…
Une fois son équipe constituée, est-il facile de la diriger aujourd’hui ? Le niveau de compétences est-il bon ?
JFL : Nous sommes dans un secteur d’activité où beaucoup des chefs d’entreprises actuels sont les successeurs de leurs parents avec des méthodes parfois anciennes. Il y a des carences en termes de méthodologie, de vision stratégique et de management dans beaucoup d’établissements.
« Manager, c’est savoir faire avancer son équipe pour l’amener à un résultat partagé. En carrosserie, peu d’entreprises se fixent des objectifs et des règles précises. Le métier de manager ne s’improvise pas, il s’apprend. »
Au-delà du niveau de compétences et du comportement des compagnons, les difficultés actuelles les plus répandues dans les ateliers sont plus liées à un manque de communication entre le front office (réception, secrétariat) et le back office (atelier, tôlerie, peinture). Chacun travaille dans son coin et il n’y a pas de fil conducteur entre les deux. Résultat : une défiance s’installe et entraîne une baisse de la motivation.
Faut-il envisager de compléter la formation et les compétences des équipes ?
JFL : Il est évident que nous devons maintenir nos équipes au top pour assurer un service de qualité aux clients. Cela permet aussi de valoriser les compagnons, tout en valorisant son entreprise.
Personnellement, je suis à la recherche permanente des dernières innovations car tout évolue très vite. Les bonnes méthodes génèrent à la fois du confort de travail au quotidien et de la performance économique pour l’entreprise.
Comment peut-on motiver les compagnons, éviter la monotonie et les fidéliser sans se ruiner ?
JFL : Dans toutes mes missions, avec l’accord du chef d’entreprise, j’implique l’ensemble de l’équipe dans les actions à mener pour faire évoluer les ateliers.
« Une carrosserie, c’est comme une écurie de Formule 1 : le pilote ne peut pas gagner seul des courses. Il gagnera uniquement si toute l’équipe des stands et des mécaniciens est parfaitement coordonnée avec lui. »
Cela permet de valoriser et fidéliser les personnes. On peut fixer des challenges clairs ensemble, mesurer les progrès réalisés et récompenser la performance collective.